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Une publication trimestrielle de la Conférence Mennonite Mondiale
Deuxième trimestre 2001, Volume 16, Numéro 2
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Douze femmes africaines rendent visite à leurs "soeurs" des Pays-Bas
Ethel Sibanda

Yvonne Lamers des Pays-Bas lave les pieds d'Annie Mbwa du Malawi.      C'était un grand privilège que d'être invitées aux Pays-Bas! Les deux premiers week-ends, nous étions logées dans des familles, ce qui nous a permis de découvrir le mode de vie des mennonites hollandais, et surtout, leurs cultes.
     Nous avons découvert que nos soeurs des Pays-Bas se font beaucoup de soucis parce que le nombre de membres dans leurs églises diminue constamment; pourtant, les églises africaines grandissent. Elles voulaient savoir comment nous évangélisions notre peuple. Mais nous voulions aussi apprendre d'elles. Nous avons réalisé qu'il y avait beaucoup de domaines dans lesquelles nous faisions les choses différemment. Dans leurs églises, seul le pasteur lit la Bible et prie à voix haute pendant le culte. Les personnes préentes ne lisent pas la Bible, même pas chez elles. A l'heure des repas, chacun prie silencieusement de son côté. Nous avons demandé si nous pouvions prier à voix haute, et cela a semblé être apprécié. Quand nous prions silencieusement, que ressent-on quand on ne sait pas comment prier? Comment pourra-t-on apprendre sans exemple?
     J'ai remarqué que mes frères et soeurs mennonites des Pays-Bas ont une histoire très riche, ainsi qu'en témoigne la bibliothèque de leur université mennonite, qui contient quatre millions et demi de livres, dont le Martyrs' Mirror. J'ai aussi remarqué que leur foi n'allait pas sans les oeuvres. Nous avons vu leur charité, leur hospitalité, et les soins apportés aux personnes âgées, aux défavorisés, aux sans-abri et aux solitaires. Après avoir visité de nombreux lieux ou l'église est engagée aux côtés de la communauté urbaine, je suis revenue déterminée à parler à mon église de la nécessité pour nous aussi de sortir de nos églises pour démontrer notre amour par des actes.
     Ils aiment chanter: à l'église d'Allsmeer, it y a une chorale depuis 70 ans!
     Nous avons été tristes d'apprendre qu'aux Pays-Bas, la liberté de faire ses propres choix est telle que dans beaucoup de familles, on n'apprend pas aux enfants à aimer aller à l'église dès leur plus jeune âge. Aussi quand ils deviennent adultes, ils n'ont pas le désir d'aller à l'église, et n'en ayant pas de souvenir, cela ne peut même pas leur manquer. Bien sûr, il y a de moins en moins de gens au culte; quand les membres deviennent vieux et meurent, personne n'est là pour les remplacer ...
     En Afrique, le défi auquel doit faire face l'Eglise, est que, d'un bout à I'autre du continent, il nous faut démolir nos vieux bâtiments pour les remplacer par des structures plus grandes, tellement la population désire entendre la Parole de Dieu et venir dans les églises ... Cela nous a vraiment attristées de découvrir que les membres d'une des églises des Pays-Bas projetaient de déménager dans un bâtiment plus petit, à cause de la diminution de leur nombre.
     A un moment, on nous a demandé de nous mettre par deux pour parler de notre vision de l'avenir. La personne avec qui j'étais était responsable de sept assemblées et projetait de les réunir pour des cultes communs afin que les chrétiens s'encouragent mutuellement. Un peu plus tard, quand nous avons eu un service de lavement des pieds, mon coeur s'est brisé et j'ai pleuré en pensant que malgré notre désir commun de suivre Jésus-Christ, il y avait tellement de différences dans la manière de le faire ... J'ai ressenti un tel fardeau pour ma soeur. Encore maintenant, je prie pour elle et pour l'église. De nombreuses personnes sont en recherche parce qu'il n'y a personne pour leur montrer le chemin.
     Alors que je repensais à cette visite, et au fardeau que je portais concernant mes frères et soeurs, je me suis dit qu'il devait y avoir un moyen de leur enseigner comment lire la Bible et prier. Ils ont besoin d'apprendre à gagner des âmes pour le Seigneur. Plusieurs m'ont dit qu'ils étaient trop timides pour sortir et partager la Bonne Nouvelle.
     Ces pensées ne sont pas une critique de la façon de vivre aux Pays-Bas, mais plutôt une réflexion sur nos différences. J'espère que ce que nous avons appris les unes des autres sera, pour toutes, le point de départ d'une nouvelle vision pour servir Dieu.

Ethel Sibanda, Zimbabwe

     Fin avril-début mai, douze femmes mennonites et Frères en Christ vinrent aux Pays-Bas. Originaires de quatre pays africains différents, elles avaient été invitées par le comité de mission mennonite hollandais.
     Au début, bien sûr, bien des choses paraissaient étranges aux deux groupes. Les différentes façons de vivre, de penser, d'exprimer sa foi et de chanter n'ont pas rendu le contact facile. Mais alors que nos soeurs allaient d'une famille dans une autre, et d'une assemblée dans une autre, la compréhension mutuelle s'est développée.
     Puis eut lieu une conférence de quatre jours à Schoorl, un centre de retraite mennonite dans les dunes près de la Mer du Nord. Le thème était: "Par la communauté, le chant continue". Les musiciens y ont joué un grand rôle, en particulier le responsable de chorale Jan Marten de Vries, qui connaît bien et aime beaucoup les rythmes et la musique africaine. Il fit des moments de chants des temps forts de la conférence.
     Le sentiment d'appartenance, au-delà des frontières de la culture, de la langue et du style fut souligné par Jan Marten quand il invita les soeurs africaines, à chanter
Uthando Longaka, ce qui signifie l'amour est grand. Les Hollandais entonnèrent alors spontanément un couplet de l'hymne Gods goedheid is te groot voor het geluk alleen (la bonté de Dieu donne plus que du simple bonheur). Alors que les Africaines chantaient leur cantique rythmé et joyeux, les Hollandais chantaient lentement le leur. L'effet fut harmonieux et magnifique.
     De nombreuses couleurs, beaucoup de rythmes, une harmonie dans l'amour de Dieu: ce sont les impressions que nous avons gardées de cette visite de nos soeurs d'Afrique.

— Ed van Straten, Pays-Bas, Correspondant européen, CMM

Photo: Jacob Kikkert.


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