Une délégation composée de dix personnes venant de la République Démocratique du Congo et du Québec s'est rendue en France et en Suisse, du 1er au 11 avril pour faire connaissance et poursuivre le développement du réseau international francophone sous les auspices de la CMM.
Les membre francophones constituent environ 17% (autour de 200 000 personnes) de la totalité des membres anabaptistes (1 200 000). Le plus grand nombre de mennonites francophones vit au Congo (185 000) et les autres en France, en Suisse, en Belgique, au Canada, en Haïti, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Togo etc.
Depuis 1997, les anabaptistes francophones ont commencé à développer un réseau francophone avec l'aide du MCC et de la CMM. La visite de la délégation du Congo et du Québec en Europe a beaucoup contribué à faire avancer ce projet.
Un peu dans l'esprit du Fond de Partage de l'Eglise Mondiale (projet de la CMM), Matthieu Shimatu, secrétaire exécutif du CONIM, relève les différents dons que les mennonites congolais pourraient partager avec les autres mennonites:
- L'unité en Christ: les églises mennonites du Congo sont multiethniques, mais elles ne sont pas en conflit pour autant. Elles ont appris à vivre ensemble malgré leurs différences ethniques.
- L'organisation: les églises sont bien structurées et organisées. Les trois communautés d'Eglises indépendantes totalisent 185 000 membres et sont reliées par le CONIM.
- L'évangélisation: les églises congolaises ont de nombreux évangélistes et pasteurs qui pourraient aider les autres églises à grandir.
- Une foi dynamique: ayant traversé de très grandes difficultés les chrétiens congolais ont développé une foi solide. Par exemple, avant l'entrée des rebelles à Kinshasa en 1998, les Eglises ont organisé une journée de prière. A midi, toute la ville s'est arrêtée, même la circulation, et tout le monde s'est agenouiIIé pendant 30 minutes. Les catholiques, les protestants et les évangéliques se sont unis pour une cause commune. Quand les rebelles sont entrés à Kinshasa, les militaires avaient fui et c'est la population qui les a arrêtés.
- Des chorales: elles sont nombreuses et beaucoup sont composées de jeunes.
Après la visite de la délégation, Michel Sommer, rédacteur de Christ Seul, mensuel des églises mennonites de France, a fait ces remarques:
"Ce qui est particulier dans cette visite, c'est le contact d'Eglises à Eglises. Les délégués représentaient leurs Eglises respectives et ont rencontré les Eglises et leurs représentants de France, de Suisse, de Belgique et des Pays-Bas. C'est différent de contacts entre individus, ou entre un individu et une Eglise, ou encore entre une Eglise mère et une Eglise fille, fruit d'un travail missionnaire de l'Eglise dite mère. Ces contacts-ci ont lieu entre Eglises soeurs. On peut penser que ces rapports par-delà les continents sont prometteurs.
Il y a des différences entre ces Eglises: différences en taille, en histoire, en ressources financières, en culture, en théologie ... Les contacts en cours devraient être l'occasion d'en parler, mais aussi de voir ce que chaque Eglise peut apporter dans la relation avec les autres. Sans oublier ce qui nous unit!"
René Eyer, chauffeur du minibus qui promena la délégation en France et en Suisse fut très impressionné. Il écrivit: "Nos amis congolais nous ont surpris par leurs richesses spirituelles, ce qui est plein de promesses. Il est vrai que leurs richesses ne peuvent s'acquérir par des moyens financiers. Ni le franc, ni l'euro ne nous permettront de les acquérir. Cependant nos amis congolais peuvent nous aider à redécouvrir les richesses de l'évangile grâce a leur simplicité, leur candeur, leur foi confiante telle celle d'un enfant. N'est-ce pas justement de cette foi-là dont parlait Jèsus?
-- Larry Kehler, Winnipeg, Canada
MWC photo/Eleanor Miller
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Frères de chaussures
Un temps de partage au Bienenberg ...
Les représentants congolais, québécois, français, suisses, belges et néerlandais partagent des sujets de prière. Soudain, Yves Bourgeault, un Québécois, se lève et dit avec son bel accent chantant: "Quand je rentrerai au Québec, je voudrais penser tous les jours à Fimbo. J'ai vu que nous avons tous les deux plus ou moins la même pointure. Je veux échanger mes chaussures avec les tiennes, Fimbo. Comme cela, quand je regarderai mes pieds, je me souviendrai de toi."
Fimbo Ganvunze, délégué du Congo, est plutôt surpris, et devant l'assemblée médusée, riant de bon coeur, le Québécois et le Congolais échangent leurs chaussures: les chaussures claires de Fimbo, les chaussures noires d'Yves. Ils sont tellement frères en Christ qu'ils en deviennent même "frères de chaussures" ... Un geste symbolique d'échange et de proximité entre deux peuples, deux couleurs de peau, deux cultures. Chacun marchera dorénavant dans les chaussures de l'autre!
Une croissance phénoménale
Les Eglises mennonites de la République Démocratique du Congo ont connu une croissance rapide, en particulier ces quinze dernières années.
1969 : 49 239
1978 : 59 548
1984 : 66 408
1990 : 112 906
1998 : 175 837
2000 : 183 040
Les communautés (ou unions) d'Eglises mennonites du Congo sont au nombre de trois:
- Communauté des Eglises de Frères Mennonites au Congo (CEFMC): 76 640 membres, 468 assemblées.
- Communauté Evangélique Mennonite (CEM): 21 000 membres, 160 assemblées.
- Communauté Mennonite au Congo (CMC): 85 400 membres, 522 assemblées.
Ces trois communautés d'Eglises forment le Comité National Inter-Mennonite (CONIM) et totalisent 183 040 membres et 1 150 assemblées.
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