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Une publication trimestrielle de la Conférence Mennonite Mondiale
Deuxième trimestre 2002, Volume 17, Numéro 2
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L’Eglise mennonite du Viêtnam
Priez, grandir et servir dans l’illégalité

     La foi religieuse est florissante au Viêtnam. Un représentant gouvernemental du Bureau des Affaires Religieuses a promis que les mennonites, les baptistes, les adventistes et d'autres églises de maison, obtiendraient prochainement un statut légal. Le pasteur Nguyen Hong Quang, âgé de 43 ans, est l'un de ceux qui croient que la reconnaissance est affaire de patience.
     Si les églises de maison mennonites sont relativement récentes, il existait déjà une assemblée mennonite prospère dans la région de Saigon quand le gouvernement socialiste prit le contrôle du Viêtnam-du-Sud en 1975. En l'espace d'une année, le gouvernement local se rendit maître de toutes les possessions de l'église. Un conflit parmi les responsables entraîna la dispersion des membres de l'assemblée mennonite vers les églises baptistes et évangéliques.
     Les restrictions concernant la liberté religieuse imposées par le gouvernement communiste dans le Viêtnam d'après guerre furent allégées à la fin des années 1980. En 1999, le Premier ministre proclama que la liberté religieuse était garantie, à condition que les activités classiques d'églises se fassent dans l'enceinte des bâtiments.
     Le pasteur Nguyen Hong Quang, à qui des pasteurs vietnamiens vivant à l'extérieur du pays avaient envoyé en 1997 une version traduite de A Confession of Faith in a Mennonite Perspective, décida de rejoindre l'Eglise mennonite. Il distribua ensuite plusieurs centaines de copies de cette confession, aussi bien aux chrétiens qu'aux autorités gouvernementales.
     Les autorités locales l'ont harcelé fréquemment. En mai 2000, lors d'une visite à Hanoï, il écrivit au Premier ministre et à d'autres hommes politiques, mentionnant le soutien apporté par Ho Chi Min à la pratique de la religion. Le pasteur Nguyen Hong Quang, qui est juriste, pria le gouvernement d'appliquer les lois prévoyant des sanctions envers ceux qui restreignent l'exercice de la liberté religieuse.
     Début 2000, Nguyen Hong Quang était optimiste car les autorités locales avaient accepté qu'un groupe se retrouve chez lui. Cependant, le vendredi saint, les forces de sécurité firent irruption dans la pièce où étaient réunies plus de 100 personnes et mirent en examen plusieurs d'entre elles. Deux mois plus tard, alors que 70 enfants étaient rassemblés au même endroit, les forces de sécurité locales interrompirent la réunion, menacèrent les enfants et inculpèrent les moniteurs.
     Puis le 17 août, la police locale arrêta des instituteurs de l'église de maison qui s'étaient rendus dans une zone de bidonvilles où vivaient 400 familles pour instruire les enfants qui ne pouvaient pas aller à l'école. Les policiers emmenèrent les instituteurs à la station de police. Quand le pasteur Quang s'y rendit pour intervenir en leur faveur, il fut menotté, reçut des coups de pied et fut battu. Les autorités exigèrent des enseignants qu'ils signent des déclarations comme quoi ils ne s'occuperaient plus de ces enfants ; mais ils refusèrent. Ils furent tous relâchés un peu plus tard et un des chefs de la police présenta ses excuses pour les sévices.
     Dans une lettre datée du 9 septembre 2001, le pasteur Nguyen Hong Quang écrivit que le réseau de leur groupe de maison avait subi d'autres harcèlements. Il appela les populations du Viêtnam comme de l'étranger à s'adresser au gouvernement pour faire cesser ces actions.
     En dépit de toutes ces difficultés, Quang et ses collaborateurs trouvent le moyen d'étudier, de prier ensemble et de servir la communauté. Des adultes et des jeunes continuent à demander à devenir membres de l'église et des douzaines d'entre eux ont été baptisés ces dernières années. Le pasteur d'une autre église, Nguyen Quang Trung, a organisé plusieurs action de secours lors d'inondations, avec l'aide des autorités gouvernementales locales et du MCC.
     L'Eglise Évangélique (Tin Lanh) du Viêtnam a été légalisée au début de 2001. Les réunions d'églises de maison, qui sont rigoureusement interdites dans certaines régions, sont tacitement permises dans d'autres, dans la mesure où elles ne perturbent pas le statu quo.
     Il y a trois ans, le pasteur Quang demanda au Comité Populaire d'Ho Chi Minh-Ville et au Bureau des Affaires Religieuses d'accorder à l'Eglise mennonite un statut légal. Les autorités énoncèrent quatre conditions : avoir une déclaration de foi, une procédure de désignation des responsables, une liste détaillée des membres, et que le groupe soit actif depuis longtemps. Quang est convaincu que leur groupe satisfait à ses conditions.
     Nguyen Hong Quang veut développer l'église selon la compréhension mennonite de la foi biblique. Pour cette église naissante, les liens avec le mouvement mennonite international sont très importants, en particulier pour témoigner qu'elle n'est ni sectaire, ni un groupe isolé.

D’autres difficultés . . .
     Nguyen Quang Trung était un des responsables de l'église mennonite avant que le gouvernement ne ferme les églises en 1975. Au milieu des années 1980, il réorganisa le conseil de l'église et adressa à l'Etat une pétition pour demander la permission de se réunir. Cependant les autorités locales refusèrent. Ils dirent à Nguyen Quang Trung que sa maison serait confisquée si les membres de l'église se réunissaient chez lui, et lui et quelques autres durent payer une amende pour avoir tenu des réunions sans permission.
     Nguyen Quang Trung, qui a fait la connaissance du pasteur Nguyen Hong Quang il y a seulement trois ans, travaille indépendamment, mais adhère aussi à la compréhension mennonite de la foi biblique.

Ces informations sont tirées de rapports de Vietnam Ministries, Allentown, USA.

Croire malgré les pressions

     N’y a t-il pas de liberté religieuse au Viêtnam ? La réponse dépend de la personne à qui vous posez la question... Les officiels vietnamiens disent que si. Ils montrent la révision de la Constitution vietnamienne de 1992, et le décret de 1999 interdisant la discrimination fondée sur les croyances et la religion. Selon la politique officielle vietnamienne, la liberté d'expression religieuse existe mais la pratique religieuse ne doit pas entrer en conflit avec la politique d'Etat.
     L'Eglise catholique, qui compte quelque sept millions de membres, dispose d'un statut légal et a pu ouvrir des séminaires, mais elle ne peut admettre des étudiants ou ordonner des prêtres sans l'accord de l'Etat. Elle a reçu l'autorisation de publier une nouvelle traduction de la Bible et d'autres livres de nature religieuse.
     Dans le sud, l'Eglise évangélique s'est beaucoup développée. Elle a obtenu un statut légal en avril 2001, mais le gouvernement ne l'a pas encore autorisée à rouvrir son séminaire.
     Cependant, la plupart des 500 000 évangéliques qui vivent dans la partie centrale du pays n'ont pas pu, eux, obtenir cette légalisation. Beaucoup d'entre eux étaient devenus chrétiens avant 1975. Mais après cette date, comme certains s'étaient opposés aux forces communistes, le gouvernement interdit les rassemblements, et pratiquement tous les pasteurs durent passer du temps en prison. Il y a un an, des manifestations qui avaient pour but d'attirer l'attention sur la privation des terres et les restrictions religieuses, eurent pour conséquences des restrictions plus strictes encore et des temps d'emprisonnement pour plusieurs responsables.
     Avant que les communistes ne viennent au pouvoir, il y avait déjà au Viêtnam des mouvements visant à réprimer le christianisme et d'autres religions. Il y a toujours eu des persécutions religieuses, et pourtant la foi a prospéré, même lorsque les restrictions étaient très sévères. C'est encore vrai aujourd'hui.

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Merci !

Après avoir lu dans de nombreuses publications, qu'en août 2001, le pasteur Nguyen Hong Quang avait été arrêté, de nombreuses personnes lui écrivirent des lettres d'encouragement. Le 26 décembre, il répondit :

     Merci, bien-aimés frères et soeurs du Viêtnam et du monde entier, d'avoir prié et fait entendre votre voix publiquement, et de m'avoir envoyé vos voeux à l'occasion de Noël. Je remercie tout particulièrement les organisations d'Angleterre, d'Amérique, de Suisse, du Canada, de Hong Kong et de Nouvelle-Zélande qui nous ont montré cet amour fraternel si chaleureux que connaissent tous ceux qui sont en Jésus-Christ.
     Non seulement moi, mais aussi tous les responsables du mouvement des églises évangéliques de maison au Viêtnam, sommes reconnaissants pour le grand intérêt que vous nous avez manifesté.
     Au nom de ma famille et de notre église, je prie que le Seigneur du Ciel déverse sur vous tous ses bénédictions, vous ses serviteurs et enfants de Dieu, qui nous avez tellement encouragés.
     Le Seigneur entend vos prières. Alléluia !


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