Des guérilleros transformés en Colombie :
De la violence à la paix, de la mort à la vie Rudy et Helen Baergen avec Dan Dyck
Le Seigneur est avec moi. Je vais là où je veux. Je suis même des cours du soir. Si je suis tué, cela fera partie du
plan de Dieu" dit Raul (nom d'emprunt), qui étudie au Séminaire Mennonite de Bogota.
Avant de rendre ses armes, Raul était un des idéologues des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie). Raul avait étudié le droit pendant trois ans, aussi lui avait-on confié la charge de la formation politique et idéologique du mouvement.
Mais Raul ne pouvait se satisfaire d'une vie dont le but était la destruction. Il se disait qu'elle devrait avoir une cause plus noble. Et peu à peu, ses réflexions le conduisirent à une transformation personnelle, et à la foi en Christ. Maintenant il est convaincu
que Dieu a un plan pour chacun. Il parle avec éloquence de la façon dont Dieu l'a protégé et l'a aidé à quitter les FARC. Il raconte comment Dieu l'utilise aujourd'hui pour apporter la vie plutôt que la mort.
Il y a sept ans, explique Raul, le gouvernement colombien a mené une action pour inciter les révolutionnaires qui voulaient la paix à se réinsérer dans la société. Mais les menaces de mort proférées par les combattants des FARC et du mouvement paramilitaire AUC (Unités d'Autodéfense de Colombie) rendaient toute réinsertion très difficile. Ces exrévolutionnaires vivent dans la peur et
doivent se cacher. Beaucoup sont assassinés. S'ils vivent avec leur famille, ils la mettent en danger, aussi vont-ils souvent se cacher dans les grandes villes comme Bogota, et y mènent une vie très solitaire. Les deux camps adverses font pression sur eux pour qu'ils reprennent les armes. Les forces paramilitaires ont offert à Raul luimême un bon salaire pour qu'il travaille pour eux.
Raul a donc une existence précaire, mais cependant il a reçu la conviction de mettre en oeuvre le potentiel extraordinaire de son pays pour produire des fruits qui apporteraient la vie et la joie au peuple de Colombie et au-delà. Il a appelé son entreprise
Flor Viva (Fleur Vivante). La charte de Flor Viva dit : "Nous croyons en nous, nous croyons en l'espérance, nous croyons en la vie, la vie qui est générée par cette terre, cette terre-même sur laquelle nous errions sans but. Maintenant, notre vie, comme ces fruits, est transformée, et nous produisons des jus de fruit et des coulis succulents qui font les délices de tous."
Raul et ses sept employés sont tous d'anciens membres des FARC. Plusieurs d'entre eux fréquentent l'église mennonite et doivent relever de nombreux défis, dont le plus grand est la peur. Quand Raul s'est séparé des FARC, il aurait pu quitter le pays, mais il pensait que Dieu avait un plan pour lui en Colombie. Sa mère essaya de le décourager. Elle craignait qu'il ne soit vulnérable, car on savait où le trouver. Mais il tint bon.
Il dit avec un sourire tranquille qu'il n'a pas peur, bien que plusieurs de ses compagnons aient été tués. L'échec des négociations de paix fait courir à Raul et ses employés des risques encore plus grands, car ils sont accusés de fournir des informations à l'armée.
Raul parle de son entreprise de transformation de fruits avec passion. Son succès ouvrira un autre chemin et montrera qu'il est possible d'abandonner la violence. Il veut maintenant développer des marchés nationaux et internationaux.
Flor Viva produit du jus et du coulis à partir d'une vingtaine de fruits, tous cultivés dans les champs de Colombie. L'usine de transformation de fruits dispose d'un équipement moderne ; un congélateur peut stocker trois tonnes de marchandises.
Flor Viva espère vendre sa production aux restaurants, aux hôpitaux, et aux écoles, et même à l'armée, car les militaires sont de grands consommateurs de fruits et de jus de fruit. Raul sourit à la pensée que les militaires colombiens apprécient tant ses jus de fruits : "N'est-ce pas savoureux ?"
Rudy et Helen Baergen travaillent avec Mennonite Church Canada Witness international. Ils enseignent au séminaire mennonite
de Bogota. Cet article est un communiqué de presse de Mennonite Church Canada.
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Des membres des FARC devenus mennonites
Quand la petite église mennonite de Bogota commença à s'intéresser aux anciens membres des FARC qui
avaient renoncé à la violence, certains des membres de l'église se sentirent menacés et essayèrent de faire échouer le projet. Il est vrai que la participation d'anciens membres des FARC aux cultes met en danger toute l'assemblée.
"Un jour guérillero, toujours guérillero" est la maxime des paramilitaires, explique le pasteur Luis Hernandez (nom d'emprunt). Il n'est pas complètement absurde d'avoir peur qu'un homme armé fasse irruption dans l'église pendant un culte pour venger son organisation...
Les membres de l'AUC, mais aussi leurs anciens amis de la cause révolutionnaire, constituent une menace
réelle pour ces membres des FARC devenus mennonites. Les traîtres, en particulier ceux qui étaient haut placés, représentent un danger pour
l'organisation.
Mais l'église du pasteur Hernandez s'est sentie appelée à les accueillir, et aujourd'hui, ils sont environ huit
anciens soldats des FARC, hommes et femmes, qui participent régulièrement à la vie de l'église.
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